Trois devis sur la table, un mardi soir. 490 € pour le premier. 2 400 € pour le deuxième. 6 100 € pour le troisième. Le même projet, décrit dans les mêmes mots au téléphone. Et vous, à essayer de comprendre pourquoi le rapport va de un à douze, sans qu'aucun des trois ne vous mente vraiment.
C'est le vrai problème du prix d'un site : il ne veut rien dire tout seul. Ce qui compte, c'est ce qu'il y a dedans, ce qui n'y est pas, et ce que le devis oublie soigneusement de chiffrer.
Les fourchettes, sans enjoliver
Voici ce qu'on voit réellement sur le marché belge, aujourd'hui.
Vous montez tout vous-même sur un outil type Wix ou Squarespace : comptez 15 à 30 € par mois d'abonnement, plus vos soirées. C'est le moins cher en euros, le plus cher en temps, et vous restez locataire de votre site.
Un ou une freelance vous fait un site vitrine sur mesure : la fourchette va grossièrement de 800 à 3 000 €, selon le nombre de pages, le sur-mesure du design et ce qu'on y branche.
Une agence classique : à partir de 3 000 €, et ça grimpe vite au-delà de 6 000 dès qu'il y a de la stratégie, du contenu et plusieurs intervenants. Vous payez une structure, pas seulement un site.
Aucune de ces options n'est bonne ou mauvaise en soi. Elles répondent à des besoins différents. Le piège n'est pas le montant affiché, il est dans la deuxième facture.
Les coûts que le devis ne montre pas
Le prix qu'on vous annonce, c'est le prix de fabrication. Le site, lui, vit après.
L'hébergement et le nom de domaine se paient chaque année. Souvent une centaine d'euros, parfois glissés dans le devis la première année puis oubliés, jusqu'à ce qu'un rappel tombe en septembre.
La maintenance ensuite. Un site n'est pas un tableau qu'on accroche. Il faut le mettre à jour, le sécuriser, corriger ce qui casse. Est-ce inclus, ou facturé au mois ? Le devis reste souvent flou là-dessus, et c'est rarement par hasard.
Les modifications, surtout. Vous voudrez changer un tarif, ajouter une photo, corriger un horaire. Beaucoup de prestataires facturent ça à l'heure, 60 à 90 € selon les cas, avec un délai. Un site que vous ne pouvez pas modifier vous-même est un abonnement déguisé.
Et le temps. « Livré en deux semaines » se transforme en deux ou trois mois dès qu'il faut vos textes, vos photos, vos validations. Ce délai a un coût que personne ne met sur le devis : chaque semaine sans site en ligne, c'est des clientes qui cherchent et ne vous trouvent pas.
Les questions à poser avant de signer
Cinq questions désamorcent la plupart des mauvaises surprises. Posez-les avant, pas après.
À qui appartient le site et le nom de domaine, une fois payé — à vous, ou au prestataire ? La maintenance est-elle comprise, et pour combien de temps ? Pourrai-je modifier mes textes et mes photos seul, ou chaque changement passe-t-il par une facture ? Quel est le délai ferme, engagé par écrit ? Et ce qu'on prépare, à quoi c'est censé servir concrètement — être joli, ou faire venir des clientes ?
Cette dernière question est la seule qui compte vraiment.
Le prix du site n'est pas la bonne question
Un site à 500 € qui ne vous amène jamais un rendez-vous est cher. Un site à 3 000 € qui vous en amène deux par mois s'est remboursé avant l'été. Le montant sur le devis ne dit rien tant qu'on ne le met pas en face de ce qu'il rapporte.
Or beaucoup de sites, même réussis, s'arrêtent au joli. Belle vitrine, jolies photos, et une cliente qui envoie un message le dimanche soir… sans réponse avant le lundi midi. Le site a fait entrer la demande, puis l'a laissée filer. À quoi doit vraiment servir un site pour un indépendant, on l'a détaillé dans ce guide.
Certains indépendants ont choisi un site qui ne se contente pas d'exister : il répond, il propose un créneau, il capte le rendez-vous pendant qu'ils dorment. D'autres ont une belle vitrine qui reçoit des messages sans jamais y répondre. Les deux coûtent de l'argent — un seul en rapporte.
Questions fréquentes
Quel est le prix d'un site vitrine en Belgique en 2026 ?
En gros : de 15 à 30 € par mois si vous le montez vous-même sur un outil type Wix, de 800 à 3 000 € chez un freelance, à partir de 3 000 € et souvent bien plus en agence. L'écart tient au sur-mesure, au contenu et au nombre d'intervenants, pas à la qualité seule.
Quels sont les coûts cachés d'un site web ?
Principalement quatre : l'hébergement et le nom de domaine chaque année, la maintenance mensuelle si elle n'est pas incluse, les modifications facturées à l'heure quand vous ne pouvez pas les faire vous-même, et le délai réel de mise en ligne, souvent deux à trois mois. Ce sont eux qui font gonfler la facture après la signature.
Vaut-il mieux passer par un freelance ou une agence ?
Ça dépend du projet. Un freelance coûte moins cher et va souvent plus vite pour un site vitrine. Une agence apporte une structure et une continuité utiles sur des projets plus lourds. Dans les deux cas, ce sont les mêmes questions qui protègent : propriété du site, maintenance, autonomie sur les modifications, délai ferme.
Un site pas cher est-il forcément une mauvaise affaire ?
Pas si le prix se juge au résultat. Un site bon marché qui capte des rendez-vous est excellent ; un site coûteux qui reste une vitrine muette est cher, quel que soit son prix. La vraie mesure n'est pas le montant du devis, mais ce que le site rapporte une fois en ligne.